jeudi 1 mars 2012

Jusqu'où l'héritage nucléaire devra peser pour qu'on se reprenne?

Tchernobyl (Image Paul Fusco)
France ô le 29/3 : L'histoire de Fukushima sera-t-elle révélatrice d'un scénario immuable depuis Tchernobyl où les autorités renvoient les gens "aller se faire irradier" chez eux? Va-t-on vers un inévitable scénario du pire au japon si personne n'accepte plus de faire le liquidateur?

Avec les conséquences sanitaires déjà connues pour les populations de Tchernobyl (des cancers à foison et des malformations de quelques années après à 30 ans*), ce retour sonne comme une déni des pays industriels de leur capacité à faire face à la situation. Devant l'ampleur de la catastrophe, le gouvernement japonais ne peut sur un si petit pays sacrifier le territoire contaminé. Résultat: il renvoie simplement les populations en les indemnisant à minima (10000 euros).

(* les leucémies arrivant plus vite que les autres cancers, et il n'y a que des données statistiques. L'origine d'un cancer étant toujours impossible à déterminer... mais 15 ans serait un chiffre probablement suffisant).

Il a également refusé de remettre en cause la fameuse zone d'exclusion alors qu'on sait prédire depuis Tchernobyl les retombées nucléaires. Le gouvernement savait, mais il ne veut toujours pas à ce jour intervenir, parce que cela coûte probablement trop cher de reloger tout le monde.

Plus grave encore, la défiance de la population envers le gouvernement et Tepco. Maintenant, après ça, qui acceptera de faire le liquidateur au japon et même dans le monde? La fréquence des séismes augmentant mondialement (Le réchauffement climatique stimulerait l’activité sismique) et même il paraitrait que le prochain serait possible d'ici 4 ans !.

On sait que la centrale mettra 40 ans à être démantelée. Avec le risque sismique et les tsunamis le scénario a largement le temps de revenir... à quand le prochain accident?. Sommes-nous tous menacés par le même après Fukushima? ou par une nouvelle suite de l'accident au japon?.

Le japon n'est finalement pas décidé à mettre fin à son programme nucléaire. L'intervention de Luc Besson à Fukushima ne faisant en définitive qu'encourager le Japon dans cette voie offrant par ailleurs des débouchées économiques à la France.

A Fukushima, le corium serait bien et bien présent dans au moins deux réacteurs. Ce corium est toujours dangereux à Tchernobyl alors que 30 ans sont déjà passés: il ne contenait pas autant de plutonium que pour le MOX, où pour ce dernier il n'est pas qu'un simple produit de fission directe, y étant ajouté au départ...

Autant dire qu'on sait que le même scénario peut et même va se reproduire. En bien plus grave. Déjà que la Tepco voulait abandonner la centrale à son triste sort (http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/02/28/20002-20120228ARTFIG00392-fukushima-l-evacuation-de-tokyo-a-ete-envisagee.php) que se passera-t-il la prochaine fois?

Devant la peur (justifiée) du nucléaire créé par les déficience de la Tepco, quel seraient les conséquences d'un tel abandon?

Tous les combustibles usés et entreposés représentent des années et même des décennies de fonctionnement. Comme ils sont placés en vrac, dans les conditionnements réacteur (dans les gaines de zirconium), il peuvent encore, en cas de panne du refroidissement ou/et de l'eau, engendrer des centaines de fois Tchernobyl, car ils sont assez actifs pour cela.

Le combustible dans ce conditionnement reste bel et bien dangereux pour des décennies. Il ne peut être extrait des piscines pendant plusieurs années parce qu'il est trop radioactif pour être transportable tout simplement. Et il est encore trop dangereux encore bien après.

Ce combustible pose un problème de dangerosité un peu moindre que le corium formé, mais il reste très actif dans ses gaines au zirconium. La perméabilité neutronique de ces dernières facilite les réactions nucléaires entre les assemblages.

Dans la pratique, le retraitement est saturé, et lui-même est dangereux, et ce combustible reste trop longtemps sur site. Les réacteurs avec leurs piscines deviennent au fil du temps simplement des entrepôts de déchets à haute activité, et non conditionnés de surcroît parce que tout simplement les centrales ne sont pas équipées pour cela.

Avec la construction des nouvelles centrales (http://www.rtbf.be/info/monde/detail_malgre-le-drame-de-fukushima-cinq-pays-se-lancent-dans-le-nucleaire?id=7629403) la situation ne va pas s'arranger.

Il faut en permanence réfrigérer les piscines malgré leur volume impressionnant (plus de 10 mètres d'eau rien qu'en hauteur -3 étages d’immeuble- sur une surface  au sol bien supérieure à celle de votre appartement). A Fukushima, en à peine quelques jours le tout est entré en ébullition).

La suite est donc prévisible, presque écrite. Fukushima s’inscrit en laboratoires des technologie nucléaires défaillantes (un pléonasme) où la population reste délaissée à son triste sort, avec son lot de malformations et de cancers en devenir.

La radioactivité à Fukushima est 300 fois la normale. Ce chiffre ne vous parle pas assez? cela signifie qu'en seulement 4 mois vous recevez la dose de toute une vie. Sauf qu'on ne parle pas seulement de césium, mais de plutonium. Ces derniers étant ingérés de toute façon malgré les précaution pour l'eau et la nourriture qui vient d'ailleurs... et jusqu'à quand?. La poussière radioactive est partout. Les procédés de décontamination sont dérisoires et de toute façon la tâche trop immense (deux semaines pour une seule maison et encore ça ne sert pratiquement à rien !).

Tout est écrit presque pour les habitants car Tchernobyl est passé par là. Mais ici, justement, l'erreur n'était pas au départ humaine. C'est bien le plus inquiétant: ça peut recommencer. Que peut les hommes contre la nature à part être moins insouciant?.

Car le monde est passé près d'avoir plus de 1000 fois Tchernobyl (chaque réacteur représentant des centaines de fois Tchernobyl comme la moyenne mondiale), si Tepco avait renoncé à "liquider" le problème. Sera-t-il en mesure de le refaire cet "exploit" quand les hommes ont maintenant la trouille car ils n'ont plus confiance?

La réalité c'est que l'on va au japon (ou ailleurs) vers une catastrophe sans précédant. Chaque accident est unique et arrive parce que tout ne peut être prévu. Bien au contraire, le rapport de Greenpeace prouve que les centrales Françaises ne valent pas mieux que celles de Fukushima, surtout les réacteurs de moins de 900Mw.

Les centrales sont vulnérables au aléas climatiques Français, et surtout à l'erreur humaine combinée à leur vétusté. Le scénario de l'après Fukushima s'applique pour la France, où, en partant de l'affirmation qu'un accident est impossible, rien n'est prévu véritablement pour les habitants, qui seront aussi délaissés qu'au Japon.

Que la menace viennent du Japon à d'ailleurs, elle est dorénavant programmée par la reprise active du nucléaire. Car une catastrophe très grave arrivera. Ce que nul ne sait en revanche, c'est quel sera le niveau mondial de radiation qu'on devra atteindre pour qu'enfin l'humanité décide d'appuyer sur le bouton STOP...

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