mardi 21 février 2012

Nucléaire: le grand mensonge continue...

Nos centrales vieillissent
A Fukushima on continue d'affirmer que les capteurs n'étaient qu'en panne. Mais une rumeur au xénon s'est échappée... posant une sérieuse suspicion sur la situation.

L'arrêt froid d'urgence (100°) n'est pas l'arrêt froid normal (20°). A la merci des séismes de grande amplitude alors que la situation reste risquée (la radioactivité s'échappe toujours), la centrale n'est pas en situation stable, et comme l'accident n'est pas circonscrit, le pire peut encore arriver. Et pendant ce temps-là...

En France, les grands médias ont préférés ne pas parler du rapport de greenpeace, politiquement incorrect. Fait-on pression sur eux? Ils ne parlent pas non plus des problèmes de Fukushima. La thèse officielle est : circulez il n'y a rien à voir, tout est sous contrôle !.

A lire le rapport de Greenpeace (176 pages de résumé, mais qui ne sont en rien une fouthèse !), allez le télécharger sur le site avant qu'il ne soit interdit à la lecture:

http://energie-climat.greenpeace.fr/les-58-reacteurs-nucleaires-francais-aussi-fragiles-que-ceux-de-fukushima.

Le plus inquiétant c'est ce que le rapport initial n'a pas abordé, passé sous silence. Un oubli? ne soyons pas naïf, nombre de ces points ont étés reprochés depuis longtemps. S'il avait été possible de les justifier, cela aurait été fait. Mais cela ne peut être, tout simplement. Quand à arguer du secret défense, il est possible de justifier sans trop entrer dans le détail.

La triste vérité, soulignée par GreenPeace, c'est que les trous dans le rapport signent les manquements d'Aréva et d'Edf, qui ne peuvent s'engager sans faire de la falsification de documents. Le désaccord de Greenpeace ne porte ainsi pas que sur des détails, mais bien sur le fond du dossier...


Car, sans être un spécialiste, on y voit que clairement qu'il est criblé de points largement inquiétants: décryptage:

Comme les nombreux documents qui manquent d'Areva, empêchant de prime abord de statuer que la situation est bien normale et sous contrôle...

Aucun site ne serait en mesure de résister mieux qu'à Fukushima, les enceintes à simple coque pour les réacteurs de moins de 900MW, les radiers trop minces (dalles en béton de support base),  la sécurité des piscines de combustibles usagés faible.

la Hague très dangereuse, autant pour les piscines d'entreposage que surtout pour les combustibles à l'état de liquides.

Le rapport de l'exploitant propose bien des solutions, mais les nombreuses lacunes empêchent de conclure qu'elles soient pertinentes.

Les scénarios d’accidents ne sont pas résolus autant pour les accidents involontaires que les actions terroristes.

Les scénarios suites aux séismes, inondations, pannes électriques ou de refroidissements ne sont pas réellement résolus.

"les défaillances et agressions secondaires pouvant résulter d’un séisme et/ou une inondation et d’une perte d’alimentation électrique et/ou de refroidissement, notamment : (i) ruptures dans les circuits primaire et secondaire de refroidissement des réacteurs, (ii) chutes de charge (y compris d’un assemblage de combustible usé lors de son transfert ou d’un château de transport du combustible), (iii) incendies et (iv) explosions, y compris les explosions d’hydrogène dans les réacteurs et les explosions chimiques de « red oil » à La Hague."


"la contamination sur le site due à la défaillance d’installations secondaires non-classées ... des difficultés auxquelles les autorités et le personnel se sont heurtés pour gérer l’accident de Fukushima"

Des limites du choix de conception: dimensionnement des enceintes des réacteurs, piscines de combustible, le vieillissement des sécurités, de la cuve et des enceintes (ces derniers éléments ne sont pas remplaçables).  

Il y a le problème des gaines de combustibles en zirconium qui sont à l'origine du dégagement d'hydrogène à Fukushima, et dont il faudrait trouver une alternative...

Le problème des risques du MOX dans les réacteurs ou dans les piscines de combustibles usagés, principalement quand il est présent/stocké en trop en grandes quantités.

En cas d'accident, a été écarté du rapport initial les risques liés à une rupture d'enceinte, du radier, des variations de pression rapides dans l'enceinte, des échauffements avec vidange des piscines...

N'a pas été correctement étudié les défaillances humaines, les incendies, les risques explosifs, et les chutes de charges induits par de tels évènements.

Les conséquences de la fusion du cœur n'est simplement pas étudiée (explosion d'hydrogène, échappées de vapeur, percement de radier...).

Le défaut de protection pour les vidanges des piscines de combustibles usagés.

La remise en question du zircaloy (zirconium des gaines) qui est impliqué dans la fonte des barres de combustibles et les dégagements d'hydrogène à Fukushima.

Le Mox, qui est quasi-généralisé dans nos centrales, et qui est présent dans les piscines en (trop) grande quantité par rapport à l'Uox (uranium seul).

Il est préconisé d'utiliser l'entreposage à sec bien plus sécuritaire quand cela est possible au lieu de tout noyer dans l'eau, dès lors que le combustible est suffisamment refroidi.

Les réacteurs de 900MW ont non seulement pas de double enceinte, mais pas non plus de gainage métallique intérieur, ce qui en cas d'explosion brutale conduira à une rupture d’étanchéité et donc à des fuites comme à Fukushima.

La faible sécurité des piscines de combustibles, notamment à la Hague, en considérant que le césium 137 (contaminant à vie longue de Tchernobyl et de Fukushima), engendre un risque permanent non résolu.

"Parallèlement des réflexions doivent être menées pour adapter la gestion. Ainsi, le temps de refroidissement d’un cœur de réacteur avant son transfert dans la piscine devrait être révisé avec comme objectif le maintien des rejets d’iode 131 à un niveau aussi bas que possible dans l’éventualité d’un accident. De plus, des études devraient explicitement évaluer quels arrangements du combustible usé dans la piscine réduiraient les risques de propagation d’un incendie."

Les réacteurs n'ont pas étés conçus pour durer plus de 30 ans, et cela est encore plus critique pour ceux de 900MW qui ne devraient pas être prolongés au delà de 40 ans. Ici j'ajoute que des fissures peuvent apparaitre en effet dans le béton car certaines centrales l'ont de mauvaise qualité (je l'avais vu sur une enquête de la télévision publique).

Pour l'EPR, il y a déjà à la construction des problèmes de non-conformité. La démonstration technique de la fiabilité de l'EPR se serait même pas terminée... Notamment sur les point de retour d'expérience à Fukushima: inondation des diésels de secours et protection de la salle de commande. Également, le dispositif de récupération du corium n'a pas prouvé son efficacité.

Il n'a pas été étudié le comportement du réacteur face à: "l'effet falaise ou cumulatif". D'autre problèmes techniques devraient également être étudiés dès la conception (et qui sont déjà en cause dans les réacteurs en activité).

A la Hague, les déchets liquides extrêmement radioactifs posent un problème majeure de sécurité. Greenpeace rappelle l'explosion en 1957 d'une cuve en U.S. qui a définitivement contaminé une vaste région, ou le cas de Sellafield (Norvège), un accident qui a failli produire entre 0.1 et 50 fois Tchernobyl (il a produit quand même une grave contamination locale et le pire a été de justesse évité).

Il a été posé le phénomène "Red Oil", ou une réaction explosive entre acide (nitreux) et composés chimiques organiques qui s’observe à forte température. Areva n'a pas étudié cette possibilité suite à une perte d'alimentation ou de circuits de refroidissement.

Areva devrait totalement revoir sa copie pour les systèmes d'entreposage des déchets (protection améliorée, défaillance des sécurités, séparation et mise au sec de déchets, moindre entreposage).

Ainsi se termine l’introduction générale du rapport. Suit un détaillé des problèmes les plus importants.

...............

Greenpeace indique dans quelle conditions son rapport a pu être fait, soulignant que sans la transparence (rapide en plus) de l'IRSN, rien n'aurait été possible.

Greenpeace signale que les pouvoirs publics n'ont pas permis une transparence générale, qui aurait pu permettre une expertise plus large et extérieure, démarche peut compatible avec les nouvelles exigence de sécurité.

Greenpeace s'en voit obligé de critiquer le rapport initial, faute d'avoir pu se baser sur une expertise indépendante....

Son rapport se base donc sur les données étudiées de Gravelines, Flamanville et Civaux, ainsi que le site de l’usine de retraitement de La Hague. Il se base sur les informations de de l'IRSN et quelques autres données accessibles (ANCCLI et données des sites).

Est discuté le retour d’expérience de Fukushima attendu pour un tel rapport, est discuté l'analyse, la méthode, les lacunes et choix pour les réacteurs de puissance, et le cas de l'EPR de Flamanville en particulier, et la problématique d'exploitation d’Aréna pour la Hague.

En premier lieu, le retour d’expérience amène un risque multiplié par 300 au lieu du chiffre donné au vol de 1/1 Million.

Ensuite le mythe de l'approche statistique s’effondre en cause les impondérables qui invalide l'approche existante.

Ensuite, le mythe de l’efficacité de la redondance des systèmes de sécurité. Il a échoué à Fukushima tel un château de cartes.

A Fukushima, l'intégralité des systèmes à failli simultanément, évoquant un mode commun de pannes en cascades qu'il n'a pas été possible de contrer.

La nature du risque physico-chimique lié à ces installations nucléaires nécessite une protection en rapport. Ainsi la doctrine de sécurité en usage est de prévoir la redondance des systèmes en lieu et place de leur qualité et pertinence. On le voit à Fukushima cela a conduit au drame que l'on connait.

Les réacteurs sont surpuissant et l'usage du plutonium en regard inadéquat. l'approche par exercices de sécurité en guise de suivi ne porte pas malheureusement à croire que l'amélioration profonde des systèmes ne soit la préoccupation majeure des exploitants....

La réflexion devrait être portée sur des point plus généraux. Greenpeace à analysée la démarche de l'ASN et comparé avec les homologues Européens.

Deux point positifs quand même: la généralisation de la démarche à toutes les installations nucléaires, et la prise en compte de la sous-traitance dans sa relation de prestataire. Néanmoins Greenpeace signale que la démarche humaine peut être plus importante car doit être prise au cas général (accident du travail, disponibilité, qualifications, nombre d'agents disponibles, horaires...)

Le retour d'expérience n'est pas complet (ce n'est pas fini). Une réflexion doit être menée sur la dimension humaine et dans le temps. Greenpeace critique le fait de n'avoir pas pris en compte cette dimension à Fukushima. N'a pas été plus pris en compte les interventions sur les sites accidentés.

Aucune consigne dans les audits en rapport aux conditions de mises en arrêt temporaires ou définitives, et plus généralement pas d'étude de mesures à prendre. Le rapport est dans la logique d'auto-évaluation, sur la sécurité et la gestion des incidents, sans évoquer de réelles mesures radicales pour protéger les populations.

L'étude, compte tenu du peu de temps imparti, essaye d'inclure quelques retours de Fukushima. Positivement, elle analyse les scénarios extrêmes, prend le cas le pire, prend en compte certains effets falaise (perte brutale de fonctions), decrit les contres-mesures prises en regard.

En revanche, il n'y a pas eu de d'injonction à améliorer l'existant, de recommandations pour le traitement des accidents, comme pour la participation et plans d'aides extérieures. Il n'a pas été traité les pertes générales de contrôle (effet commun) On s'en tient à une approche probabiliste des incidents, sans tenir compte de cas comme l'approche humaine, le climat, les séismes et les inondations extrêmes.

les scénarios terroristes ne sont pas envisagés, ni les risques du Mox, ni l'état réel et actualisé des centrales, ni l'effet cascade inter-sites, les conséquences de la durée des pannes, et on n'adaptera pas non plus les plans d’évacuation.

Exit donc l'influence humaine on s'en tient à une liste technique d'éléments fixes à surveiller, qui ne prend pas en compte des évènements plus larges et extérieurs.

Ce type d'approche est très insuffisante pour un site tel que la Hague ou de nombreux processus hétérogènes interviennent. La Hague, L'EPR, et les gros réacteurs échappent largement aux champs de l’étude.

Certes Edf propose une redondance supplémentaire de ses systèmes (ajout d'une motopompe thermique d'injection d'eau dans le cœur, alimentation de se cours générateurs, source d’appoint d'eau, moyens techniques et humains mobiles).

Greenpeace reproche aux rapports d'être du copié-collé, de ne pas être assez attentifs aux rejets environnementaux, même si les moyens proposés en soi sont raisonnables, et bien que l'approche soit axé sur la tailles des installations au détriment de fonctionnalités véritablement innovantes.

Il a été trouvés des pré-requis sur le fonctionnements des systèmes et comportements qu'il n'a pas été possible de vérifier, et ce, autant pour la conception que l'exploitation de ses centrales.

La fatigue des éléments soumis aux neutrons ou l'usage du MOX qui génère des hautes températures et des états de criticités particuliers non abordés par l'étude.

Les risques sismiques et d’inondations sont évolués de façon forfaitaire (sans étude d'appui) Les seules démonstrations sont celles de rapports peu étayés d'ingénieurs internes. la démarche globale est probabiliste, sans tenir compte ni des canicules, ni des hivers rigoureux (exemple le problème de la glace).

de manière générale Edf réduit son analyse au plus courant, au plus probable, le prend pas en compte le cumul d'évènements. Les cas particuliers ou d'exception se sont pas traités, et au contraire ce ne sont que des cas "simples".

La dessus Greenpeace trouve que l'IRSN émet des réserves pertinentes sur les données EDF.

Ce qui pèche généralement c'est le détails vagues ou contestés par l'IRSN, ce qui est potentiellement accidentogène.

Mais EDF n'étudie tout simplement pas le cas d'un découvrement de cœur, partant simplement de l'hypothèse que cela ne peut arriver... et que sinon EDF ne propose pas de méthode suffisantes pour la stabilisation du corium, ni pour la récupération de l'hydrogène, et cela manque de redondance...

S'en suit des détails techniques et long à évoquer, mais émaillés d'interrogation de l'IRSN, ainsi que des recommandations techniques.

On comprend que beaucoup de progrès sont en faire pour EDF, que l'approche de sécurité reste sommaire et sans prendre véritablement la mesure de Fukushima. Que le facteur humain est peu ou pas étudié... et que la Hague reste le plus gros point noir.

Il y a déjà assez d'éléments pour affirmer ici qu'un évènement de type Fukushima est bien possible en France. Le reste du texte déconstruit la vision d'EDF en annotant de nombreuses recommandations.

Nucléaire: la sécurité est un mensonge et surtout la population n'est pas protégée, car rien n'est prévu en ce sens. Edf part du fait que l'accident, le scénario du pire, sera évité...

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