mercredi 8 février 2012

Presse libre contre presse publique: le débat fait rage !

Cet article, (et surtout les commentaires), mérite une indignation légitime du monde des posteurs libres:

Pourquoi j’ai accepté de signer sur le Huffington Post

Je ne discute pas que le journalisme (free-lance ou pas) veuille légitimement se faire connaître et valider ses talents...

Mais LA QUESTION est, et restera la suivante: quelle est la véritable liberté d'opinion ou même de création que peut avoir un journaliste sélectionné sur certaine audience, qu'il soit ou non rémunéré ?

Quels sont les sujets qu'il peut alors aborder, quand il n'est même pas payé et qu'il va devoir être astreint à la rentabilité du site hébergeur: car il ne peut pas en effet se permettre de faire fuir le lecteur, d'autant plus qu'il sera obligé de déprendre de contributeurs privés !..

D'accord, la presse libre cela n'amène pas forcément la qualité. Mais cela permet d'aborder des sujets qu'on ne verra pas ailleurs. Ensuite, cela permet d'exprimer un point de vue qui serait plus facilement censuré sinon, ou moins défendable peut-être, mais c'est le jeu.

C'est facile d'assimiler la presse libre à du n'importe quoi. Évidemment que cela peut en être: on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs dit le proverbe.

Mais moi, Je m'interroge toujours sur ceci:

On veut du prêt-à-manger en barquette micro-onde, et maintenant il faudrait du prêt-à-penser en barquette journalistique?

Et alors? C'est si difficile de se faire une opinion ? il faudrait aussi qu'elle soit toute faite, préemballée... aseptisée. Parce que c'est aussi cela la presse libre: avoir le droit de se faire une opinion personnelle!.

C'est ça la presse industrielle du Huffington Post? Comme du service sous vide, avec des antioxydants (censure), des agents de texture (auto-censure), des conservateurs (du passe-partout), des agents de sapidité et des exhausteurs de goût (du style), des arômes chimiques (du politiquement correct) etc... Bref, Du bon ton, du bon goût, et finalement des opinions manipulées ou manipulables, ou peu originales car dans la mouvance de la pensée unique.

Hé ! la pensée unique, c'est peut-être aussi bien la pensée toxique !

Alors à coté de ça on va dire que la presse libre c'est du Mac'Do du tout à l'égout?. Eh bien non, c'est avant tout du travail artisanal, de l'originalité,  de la créativité, et de la réactivité.

L'artisanat, l'originalité, ce n'est pas, en effet, la perfection. mais qui a dit que l'homme était parfait? en particulier le journaliste ! Quel que soit le côté, l'erreur reste humaine... et la censure d'opinion inhumaine (soit un beau paradoxe de l'humanité bien-pensante en vérité!).

La presse libre, est, et sera, une autre conception des choses, avec l'assurance qu'elle sera authentique et pas partisane. (enfin le moins possible par le reflet de la diversité des opinions).

Elle est tout simplement le côté face de la pièce: le contre pouvoir, la sanction du coté pile, et plus simplement l'éclairage qui n'a pas été fait de l'autre côté pour tout un tas de bonnes ou mauvaises raisons surtout.

Je ne dis pas que la presse publique ne soit pas utile: c'est elle qui alimente (aussi) la presse libre ! on ne va pas cracher dans la soupe ! mais la presse libre ne se contente pas de reprendre l'information, elle explicite un autre point de vue, un autre éclairage.

Car la presse libre, c'est aussi un choix, et non seulement l'obligation de ceux qui sont refusés ailleurs, ou de ceux qui ne cherchent pas forcément l'assurance d'une meilleure audience pour la rentabilité financière ou pour se faire connaître et jouer des coudes.

Car par définition, la multitude ne saurait avoir de l'audience. Donc, comme passer devant les autres? Il n'y a qu'une seule façon de faire: aller vers l'audimat. Autrement dit, cultiver la pensée unique pour assurer l'audience financée par la publicité haut de gamme qui plus est.

C'est quand même oublier que le public n'est pas stupide, et qu'à un moment donné, quand il se posera des questions, et il ira chercher les réponses ailleurs, même si cela doit lui coûter un petit effort de plus....

Alors non, Messieurs-Dames les "pro-huffington", la qualité du journalisme industriel n'éclipsera pas l’authenticité de la presse libre: ce n'est tout simplement pas le même choix, d'ailleurs certains le savent et écrivent des deux cotés, pour avoir le droit de changer d'éclairage...

Mais alors pourquoi écrire avec autant d'acharnement contre la presse libre, si ce n'est parce qu'elle dérange? Normalement, l'audience de la presse publique devrait suffire non? Le public ne sanctionne-t-il pas déjà assez  naturellement ce qu'il veut lire?

Ou alors n'y aurait-il pas tout simplement une crainte pour la reconnaissance des services de la presse libre, même avec ses limites?

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